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Index des articles > Articles de presse > Dans la Haute-Loire aussi, on joue à pigeon vole !

 
 
Dans la Haute-Loire aussi, on joue à pigeon vole !
 
 

Article posté par ΩFrançois.
Paru le lundi 10 août 2020 à 14:22
Vu 1148 fois.
Note : etoiles4 (1 vote)

Dans la Haute-Loire aussi, on joue à pigeon vole !



L'EVEIL :
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En Haute-Loire, comme dans le Nord de la France, on « joue » au pigeon. La sociĂ©tĂ© colombophile de Firminy (Ă  laquelle adhèrent les colombophiles altiligĂ©riens) recrute des jeunes, Ă  l’instar de Florent Valson de Bas-en-Basset, un passionnĂ© qui se distingue en concours.

Selon le Petit Robert, la colombophilie est l’art consistant Ă  « Ă©lever et dresser des pigeons voyageurs ».
Les colombophiles sont encore nombreux dans le Nord de la France et en Belgique. Leurs rangs s’Ă©claircissent partout ailleurs. Le Bizet qui envahit nos villes, vĂ©hicule il est vrai, une mauvaise image. Car les pigeons c’est salissant. Selon le Petit Robert, la colombophilie est l’art consistant Ă  « Ă©lever et dresser des pigeons voyageurs ».
Les colombophiles sont encore nombreux dans le Nord de la France et en Belgique. Leurs rangs s’Ă©claircissent partout ailleurs. Le Bizet qui envahit nos villes, vĂ©hicule il est vrai, une mauvaise image. Car les pigeons c’est salissant.
Un pigeon peut accomplir 1.000 km dans la journée

La rĂ©alitĂ© est toute autre pour les pigeons voyageurs. Il suffit de les voir bomber fièrement leur plastron musclĂ© et tendre leur cou irisĂ© Ă  l’entrĂ©e de leur pigeonnier. Un vĂ©ritable trois Ă©toiles pour volatiles, oĂą les colombophiles s’Ă©chinent des heures Ă  nettoyer, nourrir et choisir les sujets qui iront en concours. Leurs protĂ©gĂ©s ont droit d’ailleurs Ă  un mĂ©lange de graines riche. Un mĂ©lange pour sportifs. Car ces pigeons, jadis baptisĂ©s « les messagers » (agents de transmission jusque dans les annĂ©es 60, des pigeons voyageurs militaires français sont Ă©levĂ©s dans le dernier colombier militaire d’Europe, au Mont-ValĂ©rien Ă  Suresnes) dĂ©pensent Ă©normĂ©ment d’Ă©nergie en vol.
La sociĂ©tĂ© colombophile « L’Éclair » de Firminy recrute en Haute-Loire oĂą les « Coulonneux » ne sont qu’une poignĂ©e. Les Ă©leveurs altiligĂ©riens sont rattachĂ©s Ă  la Loire.
C’est donc le cas de Florent Valson de Bas-en-Basset, un Ă©tudiant de 21 ans (Il va prĂ©parer Ă  la rentrĂ©e une licence en alternance de gestion de production industrielle). Les anciens du sport colombophile caressent l’espoir que d’autres lui emboĂ®teront le pas.
Il est vrai que chez les Valson on est colombophile de père en fils. Florent « joue » avec son père Denis, qui lui-mĂŞme a Ă©tĂ© Ă  l’Ă©cole de son propre père. « Jouer », dans le jargon des sociĂ©taires consiste Ă  engager les pigeons en concours (Ă  condition de possĂ©der une licence, obtenue avec l’adhĂ©sion Ă  une sociĂ©tĂ© colombophile), autrement dit Ă  participer Ă  des lâchers, parfois Ă  l’autre bout de la France, voire Ă  l’Ă©tranger comme Ă  Barcelone ou Ă  Bruxelles en juillet (ce concours marque la fin de la saison colombophile).

Pratiquer le « veuvage » ou jouer « au naturel »

Denis et Florent n’ont pas pu cette annĂ©e engager d’oiseaux dans cette Ă©preuve car ces derniers mois, ils ont malheureusement perdu pas mal de pigeons. Les athlètes, lâchĂ©s Ă  des centaines de kilomètres ne mĂ©nagent pas leurs efforts pour rejoindre leur pigeonnier, mais les conditions climatiques et la prĂ©dation, font qu’ils ne parviennent pas toujours Ă  regagner leur bercail. Le mâle cherche Ă  rejoindre sa femelle Ă  laquelle il s’unit, dit-on, pour la vie. Les Ă©leveurs, c’est le cas des Bassois, qui Ă©lèvent une petite centaine de voyageurs, pratiquent ce qu’ils appellent « le veuvage », consistant Ă  sĂ©parer le mâle et la femelle durant plusieurs jours.
La veille du concours, les deux se voient, mais chacun reste dans une case. Le mâle part jouer l’Ă©preuve. Il n’a alors qu’une « idĂ©e en tĂŞte » si l’on peut dire, retrouver sa femelle. Le jeu « au naturel », qui repose sur le seul attachement au nid et au colombier peut donner aussi de bons rĂ©sultats.
Certains pigeons sont Ă©quipĂ©s dĂ©sormais de bagues GPS permettant de retracer leur parcours, mais bien des zones d’ombre demeurent autour de l’incroyable sens de l’orientation du volatile. « Ces pigeons doivent avoir des qualitĂ©s de sprinter, alors que pour une distance de 250 Ă  350 km, on parle de demi-fond. Au-dessus de 550 km on parle de pigeons de fond. Ce sont des marathoniens qui vont peut-ĂŞtre un peu moins vite mais qui sont capables de tenir plus longtemps. Un pigeon peut accomplir 1.000 km dans la journĂ©e. Tout dĂ©pend de la mĂ©tĂ©o. Quand il fait trop chaud, comme maintenant, c’est plus compliquĂ© », commente Denis Valson.
Des volontaires sont chargĂ©s d’emmener les paniers plombĂ©s remplis de pigeons, par camion, jusqu’au lieu du lâcher. Ce dernier a lieu le dimanche matin Ă  6 heures, après intervention d’un contrĂ´leur et dĂ©claration en mairie.
Si les conditions mĂ©tĂ©o ne sont pas favorables, le concours peut ĂŞtre dĂ©calĂ©. Chaque engagement revient Ă  50 centimes par pigeon. Ces derniers sont enregistrĂ©s la veille au moyen d’un constateur.

Moment tant attendu : le retour au pigeonnier

« Tous les pigeons sont enregistrĂ©s dans une base. Grâce Ă  leur bague Ă©lectronique, on sait quel temps ils ont mis Ă  leur arrivĂ©e au pigeonnier. Le vainqueur est celui qui a rĂ©alisĂ© la meilleure vitesse par mètre/minute », prĂ©cise Florent. Les meilleurs pigeons de la famille Valson, poussĂ©s par un vent du nord favorable, ont rĂ©alisĂ© une fois 1.900 mètres/minute. Les oiseaux ont mis 1 h 45 pour revenir de Nevers !
Les Valson, père et fils, l’admettent : ils jouent rien que pour vivre ce moment de l’arrivĂ©e de leurs protĂ©gĂ©s. Florent en a presque les larmes aux yeux quand il Ă©voque ce souvenir : « C’Ă©tait lors du concours de Verdun, en 2016, pour le centenaire de la bataille. Je me rappellerai toujours de cette petite boule dans le ciel. Je l’ai vu descendre d’un coup ».
Le numéro 610 est toujours là, coulant des jours heureux (et roucoulants) dans le pigeonnier de Bas-en-Basset. À sept ans, il est précieusement conservé comme reproducteur.

« Dans la rĂ©gion, on ne joue pas d’argent, explique Denis Valson. En fin de saison, on peut remporter un trophĂ©e. En revanche, dans le Nord, les colombophiles engagent parfois de fortes sommes, comme pour le TiercĂ© ».
Les Ă©leveurs de la Loire et de Haute-Loire participent Ă  ce qu’ils appellent « la ligne du Nord ». Les Ă©preuves dĂ©butent gĂ©nĂ©ralement au printemps par le concours de vitesse de Nevers, distant de 200 km de Bas-en-Basset (en ligne droite). Chaque dimanche, le colombophile va un peu plus loin. Suivent les concours de Bourges, Vierzon, Châteauroux, OrlĂ©ans, Le Mans, Carantan… Pour nos colombophiles, la saison sportive s’achèvera le 15 aoĂ»t par Hoegaarden en Belgique. Chaque groupement colombophile, en pĂ©riode hivernale, Ă©tablit une ligne de vol.
Les prix pour un crack peuvent s’envoler. Le pigeon voyageur vendu l’an dernier Ă  1,25 million d’euros, le dĂ©sormais cĂ©lèbre « Armando », du Belge JoĂ«l Verschoot, n’en finit pas d’alimenter les conversations au sein des sociĂ©tĂ©s colombophiles. Les Chinois sont les premiers clients du site d’enchères en Belgique Pipa (Pigeon Paradise). Le vainqueur de Barcelone est traditionnellement vendu aux enchères.
Un jour viendra peut-ĂŞtre oĂą Florent Valson jouera parmi l’Ă©lite de la colombophilie. Il lui faudra encore passer des heures durant Ă  sĂ©lectionner sur leurs origines ses purs sangs et Ă  les entraĂ®ner dès leur plus jeune âge, en les lâchant Ă  Monistrol-sur-Loire, Yssingeaux ou au Puy-en-Velay avant de les engager pour des courses plus lointaines. Juste pour le plaisir d’assister Ă  leur retour au pDĂ©livrĂ©s de leur panier de transport, les pigeons voyageurs effectuent durant quelques instants un vol circulaire au-dessus du lieu de lâcher, comme pour s’orienter. C’est ce qu’ont constatĂ© Ă  chaque fois Denis et Florent Valson.
Et les voici qui disparaissent Ă  tir d’aile pour un voyage de plusieurs centaines de kilomètres, mus par une force intĂ©rieure qui les pousse Ă  rejoindre au plus vite leur nid et leur pigeonnier, leur Ithaque.
Depuis longtemps les chercheurs et colombophiles se sont penchĂ©s sur cet incroyable sens de l’orientation qu’aucun de nos moyens techniques modernes n’est parvenu Ă  Ă©galer.
Plusieurs hypothèses sont avancĂ©es. La vue de l’oiseau est bien supĂ©rieure Ă  la nĂ´tre. Il possède un champ visuel de 300°. Il est aussi particulièrement sensible aux ultraviolets.

La sensibilitĂ© magnĂ©tique de l’oiseau

Le voyageur serait aussi, dit-on, capable de se servir des ultrasons comme indicateur gĂ©ographique. Des colombophiles s’attachent Ă  Ă©tudier la structure de l’½il dans le choix des accouplements, mĂ©thode qui n’a rien de scientifique.
Des chercheurs ont mis en avant l’extraordinaire sensibilitĂ© magnĂ©tique de l’oiseau qui possĂ©derait dans la tĂŞte des particules de magnĂ©tite, gardant une aimantation permanente et pourraient expliquer cette « boussole ». Des « orages magnĂ©tiques » peuvent dĂ©sorienter ces virtuoses ailĂ©s.
Les conditions climatiques sont dĂ©terminantes lors d’une compĂ©tition. La position du soleil aide aussi le pigeon Ă  s’orienter. Il a Ă©tĂ© dĂ©montrĂ© qu’il pouvait ĂŞtre perturbĂ© par de fortes sources lumineuses, autres que le soleil. Plusieurs facteurs peuvent donc expliquer cette facultĂ© d’orientation


 
 
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Commentaire n°1/1
 
 
Remonter Posté le 10/08/2020 par lsb50370

 
Un très bon article à l'usage des non colombophilies : de la bonne communication.
 
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Ce qui est grave ce n'est pas tellement d'ĂŞtre con, c'est de le rester !

http://pigeon-voyageur-manche.webnode.fr/