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Index des articles > Articles de presse > Une dernière saison au pays des « colons »

 
 
Une dernière saison au pays des « colons »
 
 

Article posté par ΩFrançois.
Paru le samedi 15 juin 2013 à 07:46
Vu 680 fois.
Note : etoiles5 (1 vote)

Une dernière saison au pays des « colons »



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AISCHE-EN-REFAIL/BOLINNE/BONEFFE/BRANCHON/DHUY/EGHEZÉE/HANRET/LEUZE/LIERNU/LONGCHAMPS/MEHAIGNE/NOVILLE-SUR-MÉHAIGNE/SAINT-GERMAIN/TAVIERS/UPIGNY/WARET-LA-CHAUSSÉE - L’informatique est-elle en train de chasser les anciens colombophiles? Réponse avec Arthur Belle, 81 ans dont 66 au milieu de ses pigeons de concours.

Une main sur la poignée de la porte, Arthur délivre une ultime recommandation. «Le jour du départ pour le concours, je n’aime pas trop les déranger. Ils deviennent rapidement nerveux et ce n’est pas bon.» Le Hesbignon entrouvre alors la porte et laisse voir une quinzaine de volatiles que l’on devine particulièrement affûtés. «Il faut les soigner comme des athlètes», résume Arthur Belle.

Au printemps, cet habitant de Les Boscailles (Dhuy) a entamé sa 67e saison au pays des «colons». «C’était juste après la guerre, en 47, que j’ai eu mes premiers pigeons de concours», se souvient ce jeune homme de 81 ans. La passion est intacte mais malgré cela, cette saison pourrait bien être la dernière.

La colombophilie vit avec son temps mais, comme d’autres vieux copains, Arthur a de plus en plus de mal à s’aligner sur les nouveautés technologiques. «Il y a quatre ou cinq ans sont arrivés les constatateurs électroniques», rappelle-t-il. «Il fallait investir mille euros. Cela a faussé le jeu entre ceux qui s’étaient équipés et les autres. Avec l’électronique, dès que le pigeon touche la planche, son temps est constaté. Si on garde le système mécanique, il faut qu’il entre dans sa cage, qu’on s’en saisisse, qu’on lui enlève sa bague…»

Des secondes, voire des minutes sont facilement perdues. Et quand on sait que les «joueurs» se tiennent de très près, cela peut faire toute la différence. «On a finalement perdu ce contact avec le pigeon au retour de sa course. C’était pourtant l’un des plus beaux moments de ce sport», estime l’Éghezéen.

Dans sa vie de colombophile, Arthur a peut-être reçu le coup de grâce il y a quelques semaines. «Les classificateurs nous envoient désormais les résultats par e-mail. Ce n’est plus à mon âge que je vais acheter un ordinateur et m’y mettre. Et on est beaucoup dans le cas…» C’est un copain qui imprime les classements et les remet au dernier compétiteur des Boscailles. «De toute manière, il est désormais impossible de lutter à armes égales avec les gros amateurs. Les 20 ¤ que je mets pour inscrire mes pigeons, je sais que je ne les retrouverai plus jamais…» Arthur n’est pas amer. Ses pigeons, il ne va pas s’en séparer du jour au lendemain après 66 ans de complicité. «Ce que je constate, c’est qu’il y a eu un temps 27 colombophiles dans mon petit village. C’était quasiment une maison sur deux. Aujourd’hui, je suis le dernier des Mohicans», souffle-t-il. Une dernière plume à son chapeau. Une belle plume.