A Aurillac, près de 7.000 pigeons voyageurs se sont envolés vers la Picardie


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Enfermés dans des cages en osier aux couleurs de leur club d'origine, près de 7.000 pigeons voyageurs ont été lâchés dans le ciel du Cantal ce dimanche matin, 21 juin. Un envol rendu possible grâce aux conditions météorologiques clémentes.
552 kilomètres séparent Aurillac d'Amiens, dans la Somme. Une destination que les pigeons voyageurs sont capables de parcourir en l'espace de 7 heures. Lâchés ce dimanche matin vers 7h15, les premiers arriveront dans leurs colombiers, vers 14 h 30, 15 heures.

Ils ont tous été acheminés dans le Cantal grâce à deux gros camions qui les ont recueillis dans les différents clubs. Pendant le trajet, les animaux peuvent boire et manger dans des auges fixées à même leurs cages de transport.
Mais, il n'est pas question de lâcher les oiseaux dans n'importes quelles conditions. Sans savoir expliquer vraiment comment ils se repèrent, Louis Celier, contrôleur assermenté de la Fédération colombophile française (FCF), souligne : « Il faut que la météo soit bonne tout au long du parcours, qu'il y ait une bonne visibilité, pas d'orage ou de brouillard, sinon ils peuvent se perdre. »

Un entraînement de haut vol

Ces animaux ont reçu un entraînement intensif pour assurer ce vol longue distance. « C'est comme les athlètes, certains sont capables de réaliser de longues distances, d'autres des plus courtes... On les entraîne petit à petit, d'abord on les emmène à 50 - 70 kilomètres de leurs colombiers, puis de plus en plus loin », certifie le spécialiste cantalien. Avant de quitter la ligne de départ, les volatiles doivent stationner un moment pour reconnaître les lieux.
Pas de triche !

Puis, au moment du grand départ, les cages en osier sont ouvertes par rangées. Elles avaient été scellées au plomb auparavant, pour éviter toute tentative de triche. C'est la grande envolée vers la Picardie, 550 bornes parcourues en un peu plus de sept heures pour les meilleurs d'entre eux.

En jeu, une belle récompense pour les éleveurs : un pigeonneau doté d'un solide pedigree. Louis Celier prend en exemple Armando, un pigeon voyageur élevé en Belgique qui a été vendu 1,250 million d'euros. « C'est une vraie reconnaissance pour l'élevage et c'est très valorisant car la colombophilie là-bas, c'est une institution », sourit le passionné.
Un radar d'arrivée

Les oiseaux sont tous identifiés grâce à une bague qu'ils portent autour d'une de leurs pattes, car au total ce sont une quarantaine de clubs qui participent à cette course dite "fédérale". Ainsi, chaque colombophile peut savoir où en est son concurrent. Il existe deux modèles : la bague en caoutchouc, qui nécessite une manipulation de l'oiseau, il faut lui retirer pour la lire avec une machine. Mais, il existe aussi des bagues électroniques reconnues par une machine, « un radar qui est capable de lire la puce alors que l'oiseau est en vol ». Mais, certains ne franchiront malheureusement pas la ligne d'arrivée : ils peuvent se perdre ou se blesser en cours de vol. « S'ils ne sont pas loin [dans la limite du Cantal NDLR], je peux aller m'en occuper », précise Louis Celier.

Désormais, il faut attendre l'après-midi pour savoir comment s'est déroulée l'arrivée des volatiles.

Estelle Lévêque



Article écrit par François le mardi 23 juin 2020 à 17:24

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