Gravelines: Les pigeons voyageurs, ces athlètes qui investissent Sportica ce week-end

LA VOIX DU NORD :
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Pour la neuvième année consécutive, Sportica accueille le congrès national de colombophilie. Une exposition de 600 pigeons voyageurs est programmée, ainsi que la remise du vase de Sèvres au meilleur colombophile français
Qui est capable, sans prendre le train ni la voiture, de parcourir plus de 1 300 km en moins de 24 heures ? Un pigeon voyageur, bien sûr ! Ou du moins, les meilleurs d’entre eux. Cette espèce d’animaux hors pair, classés dans la catégorie « grand fond » pour les initiés, est celle dont raffolent les Chinois. À tel point que voilà quelques années, l’un d’entre eux n’avait pas hésité à débourser la modique somme de 350 000 ¤ pour en posséder un




COLOMBOPHILIE



en chiffres



La fédération nationale de colombophilie

regroupe colombophiles



répartis dans régions.



11 000



21



1/2







13



groupements

au total



Organisateur du congrès national au Kursaal,

le groupement de Dunkreque, présidé

par Claude Warlouzet, est composé de sièges,

implantés de Wormhout à Gravelines,

pour un total de adhérents.



16



350



INFOGRAPHIE "LA VOIX"


Ce week-end, le public aura l’occasion d’admirer quelques spécimens de ces athlètes (car il s’agit bien d’athlètes) à Sportica, qui accueille le congrès colombophile national. Si celui-ci n’est pas ouvert au public, la grande exposition de six cents pigeons voyageurs sera en revanche accessible, tout comme la vingtaine de stands de grainetiers et de produits du terroir. Et comme le veut la tradition française, le vase de Sèvres sera offert au meilleur colombophile français, de la part du président de la République (samedi, entre 9 h 30 et 10 h).

Du muscle, que du muscle !

Sur les six cents pigeons voyageurs exposés, venus de toute la France, les visiteurs découvriront ceux classés dans la catégorie « vitesse ». « Parmi eux figurent les «vitessiers», qui sont capables de parcourir plus de 300 km en seulement quelques heures », illustre Claude Warlouzet, président du Groupement colombophile de Dunkerque.

Parmi ces « vitessiers », on retrouve les catégories « demi-fond », c’est-à-dire les pigeons voyageurs capables de parcourir entre 300 et 500 km ; « fond », entre 500 et 750 km ; et « grand fond », soit plus de 750 km en moins d’une journée. « À partir des demi-fonds, on commence à atteindre les gros paliers, illustre Claude Warlouzet. Mais avant d’en arriver là, il faut cinq ou six ans de pratique. »

Et qui dit pratique dit suivi très rigoureux. « Exactement comme un athlète, reprend Claude Warlouzet. Un pigeon voyageur, c’est deux vols quotidiens (une heure le matin, une heure le soir, ndlr), beaucoup de propreté et d’hygiène dans les colombiers, de la nourriture bien dosée, du dégraissage, qui se fait chaque année en avril. Car un pigeon, à ce niveau-là, ce n’est que du muscle ! » À découvrir ce week-end, à Sportica.

Ce week-end, à Sportica. Entrée gratuite. Ouverture : samedi, de 9 h à 18 h ; dimanche, de 9 h à 12 h.
Un héros national


Comme le rappelle Claude Warlouzet, président du Groupement colombophile de Dunkerque, les pigeons voyageurs furent longtemps utilisés par l’Armée française. « Le plus célèbre fut le Vaillant, qui a reçu une bague d’honneur avec citation à l’ordre de la Nation. »

Le 4 juin 1916, en effet, après avoir pris son envol dans les gaz asphyxiants et sous les tirs ennemis, le Vaillant était parvenu à transmettre un message important à un officier français au fort de Vaux, alors encerclé. Naturalisé, il est aujourd’hui visible au Mont Valérien, haut lieu de la mémoire nationale, où est également implanté le colombier de l’Armée française


Article écrit par François le vendredi 18 janvier 2019 à 08:28

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