Dans le Sud Sarthe, Pierre Viltrouvé bichonne ses pigeons voyageurs de concours

COURRIER
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À l'heure de la retraite, après avoir oeuvré dans la maintenance, Pierre Viltrouvé, soucieux de trouver de quoi occuper son temps, s'est pris de passion pour les pigeons.
« J’ai commencé par avoir des pigeons de couleur, aussi appelés pigeons de beauté. C’était en 2010 », nous explique Pierre Viltrouvé, attablé dans son jardin de Marigné-Laillé (Sud Sarthe), par une fraîche matinée du début octobre.
Concours
Se prenant au jeu, il se lance assez vite dans l’aventure des concours, à différentes échelles, départementale, régionale, obtenant même des prix, avant qu’un tournant ne survienne, en 2013.
« On m’a offert un couple de pigeons voyageurs. Et on m’avait dit qu’après ça, je ne pourrai pas revenir aux pigeons de beauté. Et c’était vrai ».
L’homme achète une licence, et s’inscrit à la société des voltigeurs du Mans, qui dépend du groupement de l’Orne.

Milieu confidentiel

La colombophilie est un milieu assez confidentiel, puisqu’au sein de cette société mancelle, Pierre Viltrouvé explique qu’il n’y a que cinq sociétaires actifs, pour une douzaine de membres au total.

Entraînements

Une activité qui se pratique en dehors de la période de chasse, de mars à août. Parcourant des distances qui peuvent être impressionnantes, le pigeon voyageur ne sait en réalité faire qu’une chose, retourner à son pigeonnier.

Des facultés et prédispositions qui s’entretiennent. L’entraînement est hebdomadaire chez Pierre Viltrouvé. « J’ai commencé une méthode comme fait un gars du Nord, une région où cette discipline est beaucoup plus développée qu’ici », raconte-t-il.


« Au premier entraînement, j’emmène le pigeon dans un panier spécial à 20 kilomètres, puis à 80 kilomètres de chez moi. Et il doit rentrer à la maison. Ils reviennent toujours, après des laps de temps certes variables ».

Des prédateurs

Certains cependant ne reviennent pas. Les pigeons voyageurs ont des prédateurs, des petits rapaces, ils peuvent également se prendre dans des fils électriques, « on a aussi des gens qui les gardent quand ils se reposent dans des colombiers. Les anciens disent qu’on en perd de plus en plus. C’est peut-être lié au développement des ondes de téléphone et aux antennes, mais ce n’est pas prouvé ».
Le retraité lie un vrai lien d’amitié avec ses volatiles. « Je les prends tous les jours dans mes mains, ce sont mes bébés. J’en ai une cinquantaine ».

Deux bagues

Si d’après Pierre Viltrouvé un pigeon vit en moyenne une quinzaine d’années, il faut qu’il ait moins de 10 ans pour s’adonner à cette activité, et leur meilleure forme est autour des 3-4 ans.

Un pigeon porte deux bagues. Une première qui comporte son immatriculation, et une deuxième où le propriétaire marque son adresse et son numéro de téléphone. « On joue à l’ancienne méthode. On met une bague caoutchouc à la patte du pigeon, et une machine nommée constateur relève l’heure, la minute, et même la seconde du retour du pigeon. La nouvelle méthode est électronique, il faut un petit ordinateur à côté ».

Les lâchers

Comment se déroule un concours ? « Les pigeons sont mis dans des grandes caisses spéciales, qui sont plombées. Le camion du groupement ramasse toutes les sociétés, et part sur le lieu de lâcher. Il y en a deux en Sarthe, à Sablé, et au Mans (à l’ex stade Bollée). Il ne faut pas qu’il y ait de pluie, ou de brouillard, sinon la compétition est reportée. On attend le retour des oiseaux. Il faut qu’il y ait un certain pourcentage par société d’oiseaux rentrés ».

Si les lâchers ont lieu en général des jeudis ou des vendredis, les dépouillements sont opérés le dimanche après-midi. Les concours ont lieu partout en France.

Bien sûr, les pigeons ont chacun des distances très différentes à parcourir pour retourner chez eux, ainsi le classement se fait en mètres/minute. C’est l’unité de mesure prise en compte.

23 prix cette année

Trois catégories distinctes composent les concours : vitesse : distance comprise entre 200 et 250 km ; demi-fond : entre 250 et 500 ; et fond : entre 500 et 900.

« Les meilleurs pigeons voyageurs peuvent les faire sur la journée, ces 900 km », révèle le passionné.

En 2017, Pierre Viltrouvé a remporté 23 prix, il se classe 11e sur 46 au national.





Article écrit par François le vendredi 6 octobre 2017 à 10:25

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