La guerre des pigeons est déclarée dans le village

mini_11010908554740995.jpg
Les tireurs étaient embusqués sur l'ancien chemin de ronde d'Amou. Photo Nicolas le lièvre.
Suite aux plaintes des habitants du bourg chalossais, l'Association communale de chasse agréée a organisé hier après-midi un tir sur les oiseaux qui salissent les maisons.

A mou, commune du sud des Landes, compte un peu plus de 1 600 √Ęmes et quelque 300 √† 400 pigeons. Enfin, depuis hier apr√®s-midi il en reste un peu moins, puisqu'apr√®s d√©cision du maire, l'Association communale de chasse agr√©√©e a proc√©d√© √† une battue. Battue au chevreuil, dans les Landes, on conna√ģt. Au sanglier aussi, vu le nombre croissant de ces mammif√®res qui d√©vorent les cultures. Mais une battue aux pigeons, c'est assez nouveau.

¬ę C'est √† la suite de nombreuses demandes des habitants du bourg, explique le maire Jean-Jacques Darmaillacq. Tous ces oiseaux nichent sous les toits, et font des d√©gradations de plus en plus importantes dans les greniers, sous les combles, aux balcons, fen√™tres, chemin√©es. Et nous avons pens√© que le plus simple, si les chasseurs √©taient d'accord, √©tait de les pourchasser en les tirant au fusil. ¬Ľ

Quelques pétards de fête

Le principe est simple. On envoie deux ou trois personnes au centre du bourg, qui allument aux endroits les plus stratégiques quelques pétards de fête, afin de faire décoller les volatiles. Une trentaine de tireurs sont postés aux abords immédiats, sur l'ancien chemin de ronde, pour les attendre. Et c'est lorsqu'ils passent au-dessus d'eux, en direction des bois et des champs environnants, qu'ils peuvent les canarder.

Au coup de cor donn√© par le pr√©sident, les premiers p√©tards sont envoy√©s. Plusieurs vols d√©collent alors depuis les maisons autour de la mairie, o√Ļ ils nichent majoritairement, et s'√©gaillent un peu dans toutes les directions. Imm√©diatement, l'air r√©sonne de plusieurs coups de fusil qui se renvoient l'√©cho d'un bord du village √† l'autre. Quelques volatiles sont pris dans la nasse, mais les plumes ont majoritairement emmen√© leurs propri√©taires √† l'abri. Et maintenant qu'ils ont compris la man¬Ĺuvre, m√™me si ce sont de braves pigeons ramiers, ils ne se sont pas si b√™tes pour √™tre pris deux fois dans le m√™me pi√®ge. D'autant que chacun des tireurs est tr√®s visible avec sur la t√™te sa casquette orange, obligatoire pour toute battue. M√™me si on ne tire pas sur des animaux au sol, il n'est pas question de d√©roger √† la r√®gle. Question de s√©curit√©.

Pendant que les enfants courent dans les champs ramasser les b√™tes abattues (√ßa fera quand m√™me des bons salmis), il faut recommencer la m√™me man¬Ĺuvre, plusieurs fois de suite, pour tenter d'am√©liorer le tableau de chasse. Car ce n'est pas toujours facile de faire mouche en respectant √† la lettre la r√©glementation : ne pas tirer √† moins de 150 m√®tres de toute habitation. Mais en gros, la r√®gle est respect√©e, et puis les Amollois ne vont pas se plaindre. Ce sont eux qui ont demand√© que la municipalit√© agisse.

Le pr√©sident de l'association de chasse, Robert Dauga, a choisi d'attendre jusqu'√† la tomb√©e de la nuit, mise √† profit par les animaux pour retourner nicher. L√†, on est s√Ľr de tous les voir passer. Une astuce efficace, puisqu'√† l'arriv√©e, on compte une quarantaine de pi√®ces. En estimant qu'une dizaine a √©t√© perdue, et en rajoutant ce total aux 60 prises de la premi√®re battue organis√©e en d√©cembre dernier, on d√©passe ainsi la centaine de pigeons √©limin√©s. Il y a encore du boulot, mais une troisi√®me battue est pr√©vue pour le mois de f√©vrier. On fera les comptes d√©finitifs apr√®s.

Pau · Pyrénées-Atlantiques


Article écrit par François le dimanche 9 janvier 2011 à 08:55

[ Imprimer ] - [ Fermer la fenêtre ]